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Coronavirus : état d’urgence sanitaire et reconfinement

25 novembre 2020 par Vincent Langlois - Lecture 6 min.
état d'urgence sanitaire

En raison de la recrudescence de cas positifs au Covid-19 et l’arrivée potentielle d’une seconde vague, le Gouvernement a décidé de placer à nouveau la France en état d’urgence sanitaire à compter du samedi 17 octobre 2020.

Le 28 octobre 2020, Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement général sur tout le territoire et le maintien des dispositifs d’aides aux entreprises. Quelles mesures et restrictions sont prévues dans cette situation ?

Qu’est-ce que l’état d’urgence sanitaire ?

L’état d’urgence sanitaire est un dispositif qui permet au Gouvernement de prendre des mesures exceptionnelles lors d’une catastrophe sanitaire comme dans le cas de l’épidémie de coronavirus.

Rappel :
Une mise à jour du DUER de l’entreprise par l’employeur est obligatoire en cas de travail sur site pendant la crise sanitaire. Concernant les moyens de protection à prévoir, le ministère du Travail propose des fiches conseils, ainsi qu’un protocole de déconfinement.

Le Premier Ministre peut, par décrets, prendre des mesures altérant :

  • Les libertés d’aller et venir ;
  • Les libertés d’entreprendre ;
  • Les libertés de réunions ;

L’état d’urgence permet également le contrôle temporaire sur le prix de certains biens (gel hydroalcoolique, etc..) et de réquisitionner des biens et services nécessaires pour enrayer la propagation de la maladie.

L’application de l’état d’urgence sanitaire doit être décidée en Conseil des Ministres, pour une durée initiale d’un mois. Sa prorogation est possible, mais doit être autorisée par le Parlement.

Ainsi, à compter du 17 octobre 2020, 2 régimes seront appliqués pour 2 situations différentes sur le territoire, à savoir :

  • Des règles générales qui s’appliqueront partout sur le territoire national, justifiées par la réactivation de l’état d’urgence ;
  • Des règles renforcées dans les métropoles faisant l’objet d’un couvre-feu.

Initialement prévues pour une durée de 4 semaines, le Gouvernement entend demander au Parlement une prolongation allant jusqu’à fin novembre 2020 (soit 6 semaines). Il sera toujours possible pour les préfets d’adapter les règles prévues en fonction des situations.

Les mesures économiques de l’État d’urgence sanitaire

Depuis le début de la crise sanitaire, le Gouvernement a mis en place plusieurs mesures pour soutenir les entreprises et protéger les salariés face à la perte d’emploi. Ces principales mesures concernent :

Le jeudi 15 octobre, les différents Ministres ont annoncés les dispositions économiques qui auront lieu lors de l’état d’urgence sanitaire.

Concernant le fonds de solidarité :

  • Toutes les entreprises de moins de 50 salariés installées dans les zones soumises au couvre-feu et ayant subi une perte de 50% de leur CA pourront bénéficier d’une aide de 1 500€ pour toute la durée du dit couvre-feu ;
  • Les entreprises de moins de 50 salariés des secteurs de l’hôtellerie, restauration, cafés, tourisme, évènementiel, sport et culture pourront avoir accès à l’aide du fonds de solidarité allant jusqu’à 10 000€ dès lors qu’elles subissent une perte de CA d’au moins 50% (anciennement 70%) ;
  • Pour ces-mêmes secteurs, le plafonnement à 60% du CA de l’aide est supprimé.

Concernant les exonérations des charges sociales :

  • Toutes les entreprises fermées administrativement bénéficieront d’une exonération totale de leurs cotisations sociales patronales, jusqu’à la fin du couvre-feu ;
  • Les entreprises des secteurs de l’hôtellerie, restauration, cafés, tourisme, évènementiel, sport, culture installées dans les zones soumises au couvre-feu pourront bénéficier d’une exonération totale de cotisations sociales patronales dès lors qu’une perte de 50% du CA existe ;
  • Pour ce qui est des cotisations sociales salariales, une aide allant jusqu’à 20% de la masse salariale permettra de couvrir totalement le poids des charges sociales pour les entreprises concernées.

Concernant les prêts directs et les prêts garantis par l’État :

  • L’accès aux prêts garantis par l’État est étendu jusqu’au 30 juin 2021 ;
  • Les prêts directs de l’État pour les entreprises les plus endettées sont également prolongés jusqu’au 30 juin 2021. Pour les entreprises souhaitant se renseigner sur ce genre de prêt, un numéro téléphonique national unique à Bercy sera mis à leur disposition.

Nouvelles restrictions dans l’état d’urgence sanitaire

Avec la réactivation du protocole d’état d’urgence sanitaire, de nouvelles mesures viennent s’ajouter à celles déjà existantes :

  • Toutes les fêtes privées se tenant dans des salles des fêtes, polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public seront interdites ;
  • Tous les restaurants devront appliquer un protocole sanitaire renforcé : le nombre de clients par table est limité à 6 et le nom des clients devra être enregistrés pour permettre un potentiel traçage en cas de contamination recensée parmi la clientèle ;
  • Dans tous les lieux accueillant du public, celui-ci devra être installé en respectant la règle d’un siège sur deux entre 2 personnes, 2 familles ou 2 groupes de 6 personnes maximum. Le nombre de visiteurs sera limité entre 1 000 et 5 000 personnes par arrêté préfectoral selon l’importance de la circulation du virus dans la zone.
  • Dans tout les lieux où le public circule debout (supermarchés, musées, zoos, etc…), le nombre de visiteur maximal sera calculé sur la base de 4m² d’espace par personne dans la limite d’un plafond fixé par le préfet en fonction du niveau de circulation du virus dans la zone.

Pose des jours de congés et des jours de repos

Pour poser leurs jours de congés, les salariés disposent d’une durée de prévenance d’un mois. La loi d’urgence sanitaire va autoriser des dérogations vis-à-vis de ce cas général, dans les limites suivantes :

  • Les congés imposés par l’employeur ne pourront être que de 6 jours ouvrés maximum ;
  • Il faudra passer par un accord collectif pour réduire le délai de prévenance, impliquant une validation par les syndicats (cela ne concernera pas les RTT ni les jours de repos du compte épargne temps du salarié).

L’ordonnance n° 2020-323 du 25 mars 2020 fixe des règles exceptionnelles d’urgence, à rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 2020 :

  • L’employeur peut décider de la prise de jours de congés payés acquis par ses salariés;
  • Par un accord d’entreprise, ou, à défaut, par un accord de branche, il peut imposer ou modifier les dates de prise des congés payés dans la limite de six jours ouvrables (l’accord du salarié ne sera pas nécessaire, et un délai de prévenance d’au moins un jour franc doit être respecté) ;
  • L’employeur pourra également imposer ou modifier jusqu’à 10 jours de RTT et/ou jours de repos prévus par conventions de forfait et le compte épargne temps (en respectant encore une fois un délai minimum d’un jour franc pour prévenir le salarié).

Durées maximales de travail

Des dérogations au droit du travail et de la Sécurité sociale sont également présentes dans le texte. Il s’agira ici de « permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger de droit aux règles […] relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical ». La Ministre du Travail a précisé qu’il ne s’agît pas d’une dérogation générale, mais des arrêtés bel et bien destinés à certains secteurs après un dialogue social sur le sujet.

Une ordonnance a été publiée le 25 mars 2020, elle explique en détails les modifications en vigueur concernant le temps de travail des salariés. Ainsi, pour les entreprises des secteurs nécessaires à la vie économique ou la sécurité du pays :

  • La durée quotidienne maximale de travail peut être portée à 12 heures ;
  • La durée quotidienne maximale du travail de nuit peut être portée à 12 heures, sous réserve d’attribution d’un repos compensateur égal à la durée du dépassement du temps de travail ;
  • La durée du repos quotidien peut être réduite à 9 heures consécutives ;
  • La durée maximale hebdomadaire de travail peut être portée à 60 heures ;
  • La durée maximale hebdomadaire de travail de nuit peut être portée à 44 heures ;

Un recours à la prime Macron ?

Le Gouvernement incite les entreprises continuant leur activité à solliciter la prime Macron pour leurs salariés. Des dispositions ont été prises par ordonnance pour assouplir les conditions d’éligibilité à la prime. Tout d’abord, il ne sera plus nécessaire de passer par un accord d’intéressement. La date limite pour le versement de la prime est également repoussée au 31 décembre 2020 pour permettre aux entreprises de prendre le temps de se décider. Aucun déplafonnement n’a cependant été évoqué.

L’ordonnance du 1er avril 2020 intervient sur la prime Macron. Elle porte le montant à 2000€ pour les employeurs mettant en oeuvre un accord d’intéressement. Elle modifie également plusieurs aspecter du texte de loi.

Un reconfinement pour endiguer la seconde vague

Dans son allocution du 28 octobre 2020, le Président de la République a annoncé le reconfinement général sur l’ensemble du territoire français. Ce second confinement, semblable à celui instauré en mars 2020 est prévu pour une durée de 4 semaines minimum, allant du 29 octobre minuit jusqu’au 1er décembre 2020.

Les restrictions suivantes seront appliquées tout au long de cette période :

  • Les écoles, lycées et crèches resteront ouverts. Les universités devront cependant mettre en place des cours en ligne ;
  • Les EHPAD pourront accueillir les visites, sous règles sanitaires strictes ;
  • Les déplacement d’une région à une autre seront fortement restreints, et interdits à l’exception de cas particuliers.

Le télétravail est plus que jamais recommandé aux entreprises pouvant le mettre en place. A défaut, les salariés devront se munir d’une attestation pour se rendre à leur lieu de travail. Les protocoles sanitaires devront être renforcés dans les entreprises qui continuent d’accueillir leurs salariés.

L’évolution de la situation sanitaire actuelle peut être consultée sur le site solidarites-sante.gouv.fr.

Le 24 novembre 2020, Emmanuel Macron a annoncé les différentes dates auxquelles des mesures d’allègement du second confinement s’appliqueront :

  • A compter du 28 novembre 2020, les commerces non-essentiels pourront rouvrir, jusqu’à 21h et sous réserve du respect d’un protocole sanitaire renforcé. Les déplacements sans attestations restent interdits, mais pourront se faire dans un rayon de 20 km pour une durée de 3 heures maximum.
  • A partir du 15 décembre, si la situation s’améliore, le confinement sera levé pour être remplacé par un couvre-feu allant de 21 heures à 7 heures. Les déplacements professionnels et le travail de nuit resteront sujets à la nécessité d’une attestation de travail.
  • Dans le meilleur des scénarios, et sous réserve, les salles de sports et les restaurants pourraient rouvrir à compter du 20 janvier 2021. Aucune précision n’a été apportée pour les bars et les discothèques en revanche. Une potentielle ouverture totale des lycées et universités serait à prévoir deux semaines après cette étape.

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