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Réduction Fillon : quels changements en 2019 ?

1 janvier 1970 par Daniela Simpetru - Lecture 4 min.

La réduction générale de cotisations patronales (ex-réduction Fillon) permet aux employeurs de bénéficier d’une réduction des cotisations patronales collectées par l’Urssaf. Le paramétrage du dispositif entrant en vigueur le 1er janvier 2019 a été dévoilé par la loi de financement de la Sécurité Sociale, puis confirmé par un décret publié au JO il y a quelques jours . Voici un rappel du dispositif, une explication synthétique des changements, ainsi que les nouvelles valeurs à prendre en compte.

réduction Fillon

RÉDUCTION FILON : DÉFINITION ET FONCTIONNEMENT

De son nom officiel Réduction générale des cotisations patronales sur les bas salaires, la réduction Fillon est un allègement des cotisations patronales de Sécurité sociale calculée sur la rémunération versée à chaque salarié. Elle porte sur les assurances sociales, les AT-MP et les allocations familiales. La réduction Fillon a été instaurée en 2003 dans le but de réduire le coût du travail et par conséquent, le taux du chômage.

A l’exception des particuliers employeurs de l’état et des collectivités territoriales, le dispositif d’allègement des cotisations sociales patronales sur les bas salaires est applicable par l’ensemble des entreprises, dans tous les secteurs d’activité. La réduction Fillon est appréciée en fonction de la rémunération brute annuelle du salarié.

La réduction générale s’applique dégressivement au titre des gains et rémunérations inférieurs à 1,6 SMIC  par an, avec un effet maximal pour les salariés rémunérés au SMIC, le niveau minimum de salaire légal. Dans ce cas, les cotisations patronales doivent tendre vers 0.

QUELLES CHARGES SOCIALES SONT CONCERNÉES ?

Presque toutes les charges patronales recouvrées par l’URSSAF au niveau du SMIC (1 521,22 € par mois en 2019 contre 1 498,47 € en 2018) entrent dans le champ de la réduction Fillon :

  • Assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès)
  • Allocations familiales
  • Fond national d’aide au logement (FNAL)
  • Contribution solidarité autonomie (CSA)
  • Les cotisations patronales AT / MP (accidents du travail / maladie professionnelles) ;

CHARGES EXCLUES DU DISPOSITIF

  • Les cotisations d’assurance chômage
  • L’AGS
  • La contribution pour les organisations syndicales

Sur le bulletin de paye simplifié, la réduction Fillon est indiquée sous l’intitulé « Allègement de cotisations ».

RÉDUCTION FILLON : MODE DE CALCUL

Le montant de la réduction est calculé chaque année civile, pour chaque salarié, en tant que produit de la rémunération annuelle brute soumise à cotisations par un coefficient :

Réduction Fillon : Rémunération brute annuelle x Coefficient

La formule de calcul de ce coefficient dépend d’un paramètre « T ».

Coefficient = (T/0,6) x (1,6 x SMIC annuel / rémunération annuelle brute -1)

Le « T » est égal à la somme des toutes les cotisations patronales inclues dans le dispositif, au niveau du SMIC, et correspond à la valeur maximale du coefficient.

SALARIES ÉLIGIBLES A LA RÉDUCTION FILLON

Tous les salariés relevant du régime d’assurance chômage sont éligibles à condition de percevoir une rémunération inférieure à 1,6 SMIC :

  • Les salariés en CDI
  • Les salariés en CDD
  • les salariés temporaires ou intermittents (travailleurs occasionnels ou saisonniers) au prorata de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents

Si le salarié concerné est à temps partiel, il est nécessaire de corriger le calcul en rapportant la durée de travail effectif à la durée légale du temps du travail.

Sont exclus, les salariés relevant de régimes spéciaux  (marins, mines, clercs et employés de notaire) qui bénéficient de cette réduction dans des conditions spécifiques.

CALCUL DE L’EFFECTIF

Depuis  2011, dans la règle du calcul de l’effectif, il faut additionner les CDI à temps plein, les CDD, ainsi que les salariés temporaires et intermittents et les salariés à temps partiel.  Toutefois, les salariés en CDD de remplacement, en contrat aidé et les mandataires sociaux ne sont pas comptabilisés.

CUMUL RÉDUCTION FILLON AVEC D’AUTRES EXONÉRATIONS : EST-IL POSSIBLE ?

Lorsqu’un employeur bénéficie de la réduction Fillon, en principe il ne peut pas la cumuler avec d’autres exonérations de cotisations patronales. Cependant, il existe deux exceptions à la règle:

  • L’exonération pour les employeurs d’aides à domicile.
  • La déduction forfaitaire des cotisations patronales pour les heures supplémentaires (loi TEPA).

RÉDUCTION FILLON 2019 EN 2 ÉTAPES

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit l’assimilation des cotisations de retraite complémentaire et d’assurance chômage par la réduction Fillon en deux étapes, à partir du 1er janvier 2019.

Régime applicable du 1er janvier au 30 septembre 2019

Pour la première étape, les cotisations de retraite complémentaire vont s’ajouter aux cotisations concernées en 2018. Ainsi, l’allègement sera élargi à 6,012% (part patronale retraite 4,722% + part patronale CEG 1,29%). Toutefois, cet élargissement est compensé par le dispositif CICE sous la forme d’un allègement des charges patronales de 6%.

Régime applicable à compter du 1er octobre 2019

A compter du 1er octobre 2019, les cotisations chômage (taux de 4.05%)  vont aussi s’ajouter au champ des cotisations patronales concernées par la réduction Fillon.

Voici ci-dessous un récapitulatif du nouvel élargissement du champ des cotisations patronales concernées par la réduction Fillon.

Coefficient 1er janvier-30 septembre 2019 1er octobre 2019
Effectif < 20 salariés 0.2809 0.3214
Effectif >= 20 salariés 0.2849 0.3254

Le taux maximum de la réduction Fillon baisse donc de 0,05% en début d’année et augmente de 4,05% en octobre 2019.

UN RÉGIME FAVORABLE POUR CERTAINS EMPLOYEURS

Dans un extrait de la publication de l’Urssaf, daté du 9 octobre 2018, il est mentionné qu’une certaine catégorie des employés pourra bénéficier d’une réduction générale étendue aux cotisations de retraite complémentaire et d’assurance chômage dès le 1er janvier 2019.

Parmi ces bénéficiaires nous pouvons rencontrer les associations intermédiaires, les ateliers et chantiers d’insertion, ainsi que les employeurs localisés en DOM-TOM qui n’optent pas pour le bénéfice de l’exonération LODEOM. Sont également favorisées les rémunérations versées au titre des contrats de formation en alternance sous certaines conditions.

 

Dernière mise à jour : 3 janvier 2019

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