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Télétravail : mesure exceptionnelle ou véritable changement ?

31 août 2021 par Vincent Langlois - Lecture 4 min.
Télétravail : mesure exceptionnelle ou véritable changement ?

2020 et 2021 auront été marquées par une crise sanitaire sans précédent, contraignant un grand nombre d’entreprises à fermer leurs locaux. Pour celles qui en ont eu la possibilité, leurs salariés sont passés en télétravail.

Selon une étude, près de 40% des salariés français (soit environ 8 millions de personnes) ont été confronté au télétravail pendant l’un des deux confinement de 2020. Parmi eux, 9 salariés sur 10 interrogés ont déclaré vouloir poursuivre leur activité à distance même après la pandémie. Peut-on alors supposer que, malgré sa nécessité actuelle, le télétravail puisse se normaliser au sein des entreprises ?

Télétravail, un nouveau phénomène pour les entreprises ?

Le télétravail consiste, pour un salarié, à effectuer une partie, voire la totalité de ses missions depuis son domicile. Pour être mené à bien, l’utilisation des différentes technologies modernes à disposition des entreprises est essentielle pour garantir une communication idéale entre le salarié qui télétravaille et son manager et/ou son employeur.

Bien que sa généralisation soit récente et due au contexte actuel, le télétravail n’était pas méconnu ou peu populaire auparavant : il a connu une certaines expansions ces dernières années, conséquence de la mondialisation qui a entraîné une vague d’outsourcing de la part des grands groupes. Ces entreprises ont eu tendance à transférer certaines de leurs compétences vers des sous-traitants, parfois à l’étranger pour des raisons économiques.

D’autres entreprises ont quant à elles commencé à appliquer le télétravail pour améliorer le bien-être de leurs salariés en proposant un nombre de jours de télétravail par semaine aux effectifs. En effet, pour un salarié, le télétravail peut proposer plusieurs avantages non-négligeables pour son confort :

  • Un gain de temps car il n’a pas à se rendre sur son lieu de travail, qui évite aussi les retards, notamment en période de grève ;
  • Une meilleure flexibilité dans ses horaires de travail ;
  • Une plus grande autonomie et une relation de confiance ;
  • Une meilleure proximité avec ses proches permettant un meilleur rapport vie professionnelle / vie de famille.

Une alternance entre travail à distance et travail sur site

A la fin du premier confinement en mai 2020, beaucoup d’entreprises ont repris leur activité, même partiellement, dans leurs locaux, donnant lieu à deux grandes vagues de reprise du travail :

  • La première a eu lieu en septembre 2020, où chaque entreprise a réfléchi à une formule de retour au travail pour rassurer leurs salariés (dont un grand nombre s’avérait peu favorable à un retour sur site) et garantir leur sécurité face au Covid-19. Une solution à mi-chemin entre les deux modes de travail a été appliquée en majorité, permettant d’alterner entre télétravail et travail sur site ;
  • La seconde vague, débutée en janvier 2021 en France, aura permis aux entreprises d’adapter leurs dispositifs et d’améliorer ce qui a été engagé au cours de l’année pour permettre une solution efficace sur le long terme.

Heureusement pour les millions de salariés concernés, le télétravail est en général plus confortable pour eux. De plus, les entreprises plus modestes ont pu, au fil du temps, fournir le matériel nécessaire pour garantir de meilleures conditions de travail à distance.

Certains employeurs ont même décidé d’encourager leurs salariés en télétravail en offrant un bonus salarial, en créant des formations via des plateformes d’apprentissage, et en accordant une plus grande importance à la vie personnelle des effectifs.

Rentrée 2021 et télétravail

Concernant l’évolution du télétravail à la rentrée de septembre 2021, trois possibilités étaient envisagées :

  • Soit le gouvernement durcissait les mesures en télétravail ;
  • Soit le protocole sanitaire en vigueur était simplement prolongé, maintenant la recommandation des deux jours minimum ;
  • Soit les entreprises retrouvaient une liberté totale de décision en matière de télétravail.

C’est finalement le troisième scénario qui a été choisi par le gouvernement. Le lundi 30 août, le Ministère du travail a annoncé qu’à partir du 1er septembre, les employeurs peuvent reprendre la main sur le règles qu’ils souhaitent appliquer en matière de télétravail : il n’y a donc plus de jours minimum de télétravail dans les entreprises à compter de cette date.

Concrètement, cela veut dire que le gouvernement ne recommandera plus dans le protocole sanitaire de fixer un nombre minimal de jour de télétravail par semaine pour les activités qui le permettent. Jusqu’à présent, au moins 2 jours de télétravail par semaine étaient fortement recommandés.

Ainsi, les entreprises pourront sans soucis faire revenir l’intégralité de leurs effectifs sur site. Pour les entreprises ayant déjà mis en place des accords de télétravail, ces-derniers pourront s’appliquer à nouveau, quel que soit le nombre de jours à distance prévu.

Qu’en est-il des apprentis et des alternants ?

Les apprentis et les salariés bénéficiant d’un contrat de professionnalisation, comme tous les autres salariés de l’entreprise, bénéficient du droit de pouvoir télétravailler si c’est possible.

D’ordinaire, les entreprises sont libre de déployer leur politique salariale comme elles le souhaitent, mais la crise sanitaire vient altérer cette liberté. En effet, le protocole sanitaire incite à recourir au télétravail le plus possible. De ce fait, les apprentis et les alternants doivent être pris en charge et équipés de la même manière que les autres salariés dès que le télétravail est possible pour eux.

Comment permettre aux salariés de bien télétravailler ?

Un grand nombre de salariés n’appréciant pas particulièrement le télétravail mettent généralement en cause le manque soudain de contact humain dans leur travail. Non seulement important en terme de bien-être social, le contact est primordial pour une bonne méthode de travail.

Pour ce faire, bien maîtriser des outils de communication professionnels et opter pour des plateformes de travail collaboratives s’avèrent être des solutions efficaces. La réalisation de meetings journaliers, même très courts, permettra de prendre des nouvelles des membres des différentes équipes tout en se tenant informé de l’avancement des tâches à réaliser, des difficultés rencontrées, etc…

Les nouvelles contraintes apportées par la crise sanitaire et l’évolution de la situation suggèrent fortement que le télétravail est voué à s’intensifier sur le moyen-long terme. Il est donc essentiel pour les entreprises d’inclure le plus rapidement possible cette nouvelle façon de travailler au sein de leur fonctionnement, pour mieux fonctionner à l’avenir et se détacher des contraintes économiques, sanitaires, sociétales, environnementales, etc…


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