Actualité paie

Prime Macron : prolongement en 2022

26 janvier 2022 par Vincent Langlois - Lecture 5 min.
Prime Macron : prolongement en 2021

Versée depuis 2019, la prime Macron permet au entreprises de soutenir et remercier leurs salariés pour leur investissement tout au long de l’année. En 2020, elle a également été un moyen de reconnaissance pour les efforts de ceux qui ont continué de travailler pendant la crise sanitaire.

Reconduite en 2021, cette prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat (ou PEPA) est également prolongée pour l’année 2022.

A la fois exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations et contributions sociales, la prime Macron est fiscalement avantageuse pour l’employeur et ses salariés. Comment en bénéficier ?

Qu’est-ce que la prime Macron ?

La Prime Exceptionnelle de Pouvoir d’Achat, ou « PEPA », dite aussi « Prime Macron » a été créée fin 2018 suite aux revendications du mouvement des gilets jaunes. L’objectif était d’augmenter significativement le pouvoir d’achat des salariés.

Initialement versée en 2019, elle a ensuite été reconduite chaque année. En 2022, les entreprises pourront ainsi verser à leurs salariés une prime défiscalisée et exonérée de cotisations sociales.

A savoir :
Un employeur n’a aucune obligation légale de mettre en place cette prime. S’il ne le fait pas, d’autres dispositifs existent pour améliorer le pouvoir d’achat de ses salariés et de ce fait préserver leur envie de continuer à s’investir dans l’entreprise. 

Prime Macron : quels changements depuis sa mise en place ?

La prime Macron, ou prime exceptionnelle de pouvoir d’achat a été initialement reconduite en 2020 avec comme objectif une augmentation significative du pouvoir d’achat des salariés.

Cependant, la crise sanitaire due au Covid-19 a impacté les modalités de versement de la prime, qui a fait l’objet de plusieurs aménagements au cours de l’année. Ainsi, ses modalités étaient les suivantes :

  • La date limite de versement de la prime a été repoussée jusqu’au 31 décembre 2020 ;
  • La possibilité de conclure un accord d’intéressement dérogatoire, pour une durée inférieure à 3 ans a été rallongée jusqu’au 31 août 2020 ;
  • Les critères de modulation de la prime ont été élargis pour verser un montant en fonction des conditions de travail du salarié pendant la crise sanitaire.

Les conditions de versement ont également été assouplies de la manière suivante :

  • Prime exonérée de cotisations et contributions sociales et d’impôt sur le revenu à hauteur de 1 000€ pour les entreprises qui décident d’en faire bénéficier leurs salariés, accord d’intéressement ou non ;
  • Montant pouvant être porté à 2 000€ pour les entreprises disposant d’un accord d’intéressement à la date du versement. La défiscalisation est alors conditionnée par la mise en place du dispositif d’intéressement.

Conditions du versement de la prime Macron en 2022

L’employeur n’est pas obligé légalement de mettre en place la prime Macron pour ses salariés. Toutefois, s’il souhaite le faire, il peut décider de verser la prime :

  • A l’ensemble de ses salariés ;
  • Ou uniquement aux salariés dont la rémunération est inférieure à 3 fois la valeur annuelle du SMIC.

La prime Macron bénéficie aux salariés, apprentis inclus, liés par un contrat de travail, mais également aux intérimaires mis à disposition de l’entreprise utilisatrice et aux agents publics relevant de l’établissement public.

L’employeur est en droit de moduler le montant de la prime selon le bénéficiaire, selon des critères tels que :

  • La rémunération du salarié ;
  • Son niveau de classification ;
  • Ses conditions de travail lors de la crise sanitaire ;
  • Son temps de travail total sur l’année.
  • Etc…

Attention ! 
Aucun critère ne peut conduire à une attribution discriminatoire de la prime entre les salariés.

La prime ne doit se substituer à aucune augmentation de rémunération ni autres primes prévues par un accord salarial, le contrat de travail ou par les usages en vigueur dans l’entreprise.

Le versement de la prime doit obligatoirement figurer sur le bulletin de paie du salarié. Il doit apparaître sur une ligne spécifique en raison des exonérations qui lui sont spécifiques.


Simplifiez le calcul de vos exonérations : contactez-nous

Montants et défiscalisation de la prime Macron 2022

La prime Macron peut :

  • Être exonérée de l’impôt sur le revenu ;
  • Être exonérée de cotisations et contributions sociales d’origine légale ou conventionnelle.

Pour ouvrir droit aux exonérations sociales et fiscales, la prime doit répondre aux conditions suivantes :

  • Elle bénéficie aux salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail, aux intérimaires mis à sa disposition, aux agents publics d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) ou à caractère administratif (EPA) lorsque celui-ci emploie du personnel de droit privé à la date du versement de la prime ;
  • Elle bénéficie aux salariés dont la rémunération est inférieure à 3 fois le montant du SMIC sur les 12 mois précédant son versement ;
  • Elle doit être versée entre le 1er juin 2021 et le 31 mars 2022 ;
  • Elle ne peut se substituer à aucune augmentation de rémunération ni autres primes prévues par un accord salarial, le contrat de travail ou par les usages en vigueur dans l’entreprise ou l’établissement public ;

Exonérée à hauteur de 1000€ pour les entreprises de 50 salariés et plus n’ayant aucun accord d’intéressement, son plafond peut être porté à 2000 dans les cas suivants :

  • L’entreprise compte moins de 50 salariés, et ce sans autre condition ;
  • Si l’entreprise est couverte par un accord d’intéressement à la date de versement de la prime ou a conclu avant cette date un tel accord prenant effet avant le 31 mars 2022 ;
  • Si l’entreprise est couverte par un accord de branche ou d’entreprise qui valorise les métiers des travailleurs dits « de deuxième ligne » ou est couverte par un accord de branche ou d’entreprise qui s’engage à ouvrir des négociations sur la thématique de ces mêmes travailleurs, ou appartient à une branche ou une entreprise ayant engagé de telles négociations.

A savoir :
Un travailleur qualifié de la « deuxième ligne » sont les salariés qui, en raison de la nature de leurs tâches, ont contribué directement à la continuité de l’activité économique et au maintien de la cohésion sociale et dont l’activité s’est exercée, en 2020 et 2021, uniquement ou majoritairement sur site pendant les périodes d’urgence sanitaire. 

L’accord qui identifie les travailleurs de deuxième ligne doit être conclu dans le respect des règles de droit commun de la négociation collective et doit valoriser ces métiers en partant sur au moins deux des cinq thèmes suivants :

  • La rémunération et les classifications, notamment au regard de l’objectif d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
  • La nature du contrat de travail ;
  • La santé et la sécurité au travail ;
  • La durée du travail et l’articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale ;
  • La formation et l’évolution professionnelle.

Un accord d’intéressement est habituellement d’une durée de 3 ans. Cependant, les accords conclus entre le 1er janvier 2020 et le 31 août 2020 ont pu porter sur une durée moindre, mais d’un an minimum.

Si l’employeur choisit de verser la prime à ses salariés, la partie excédante du montant sera soumise à l’impôt et aux cotisations habituelles. De plus, l’exonération ne peut s’appliquer qu’aux primes versées aux salariés dont la rémunération perçue au cours des 12 mois précédant son bénéficie ne dépasse pas 3 fois le SMIC annuel.

Mise en place de la prime Macron

Le montant de la prime, le plafond du nombre de bénéficiaires et sa modulation entre les bénéficiaires doivent faire l’objet d’un accord d’entreprise ou de groupe conclu selon les mêmes modalités qu’un accord d’intéressement, à savoir :

  • Par convention ou accord collectif de travail ;
  • Par accord entre l’employeur et les représentants des organisations syndicales de l’entreprise ;
  • Par accord conclu au sein du CSE de l’entreprise ;
  • Par ratification d’un projet d’accord proposé par l’employeur, et ratifié par la majorité des 2/3 des salariés.

Rappel :
L’accord doit faire l’objet d’un dépôt auprès de la Direccte, sur la plateforme de téléprocédure dédiée.

Sur le même sujet

Réduction Fillon
Actualité paie
Réduction Fillon : quels changements en 2022 ? 3 mai 2022

La réduction générale de cotisations patronales (ex-réduction Fillon) permet aux employeurs de bénéficier d’une réduction des cotisations patronales collectées par l’Urssaf. Le paramétrage du dispositif entré en vigueur le 1er janvier 2021 a été modifié par le décret n° 2021-1936 du 30 décembre 2021 (JO du 31). Par ailleurs, suite à l’augmentation du SMIC au […]

taxe d'apprentissage BTP
Actualité paie
Base de calcul pour la taxe d’apprentissage BTP 2022 21 avril 2022

Pour les entreprises de BTP dont les congés payés sont réglés directement par des caisses, les salaires à déclarer sont ceux effectivement payés par l’entreprise majorés d’un coefficient forfaitaire de 1,1150 au titre des indemnités de congés payés (décision du Conseil d’État n°350093 du 20 novembre 2013). Cela correspond à l’assiette à retenir pour le […]

plan de résilience
Actualité paie
Plan de résilience économique et sociale : quelles mesures pour les entreprises ? 20 avril 2022

Le 16 mars 2022, le Gouvernement a dévoilé son plan de résilience économique et sociale. Ce plan a pour objectif de faire face aux conséquences économiques immédiates dues au conflit en Ukraine. Il s’adresse à l’ensemble de la population, particuliers comme professionnels, en incluant des mesures sur le carburant et l’énergie, mais également des dispositifs […]

FacebookTwitterLinkedInEmail