Le blog des gestionnaires de paie et des experts des RH

Paie pratique

Salarié au SMIC en 2019 : quel coût pour mon entreprise ?

14 juin 2019 par Vincent Langlois - Lecture 3 min.

Lors de ses premières embauches, l’employeur peut proposer de rémunérer le salarié au SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance). Cependant budgétairement, il est important de se souvenir que les frais ne se limitent pas au versement du salaire. Ces frais sont pour la plupart une obligation pour l’employeur et comportent notamment les cotisations et contributions patronales, ainsi que certains compléments de salaires. Il ne faut pas non plus oublier tous les coûts indirectement liés au recrutement.

Augmentation du SMIC en 2019

Au 1er janvier 2019, le salaire minimum a été majoré à 10,03€ de l’heure, soit 1521,22€ brut pour un mois de 30 jours et 35 heures par semaine. Le montant net s’élève alors à 1202,92€. Si un salarié est embauché au SMIC, ce montant constitue un minimum obligatoire de versement. L’employeur se doit également de vérifier sa convention collective, car elle prévoit également un salaire minimum. De ce fait, si les salaires sont différents, l’employeur sera dans l’obligation de verser au salarié le plus élevé des deux.

Cotisations et contributions salariales : quelles obligations ?

Lorsqu’un salarié est engagé, l’entreprise doit s’acquitter de certaines cotisations et contributions, obligatoires devant la loi. En règle générale, elles s’élèvent à environ 42% du montant du salaire brut.
En revanche si le salaire est inférieur à 1,6 fois le SMIC, soit 2433,95€ brut mensuel, l’employeur aura droit à la réduction générale des cotisations patronales plus couramment appelée réduction Fillon.

La réduction générale recouvre les cotisations et contributions suivantes :

  • Allocations familiales, à hauteur 3,45%
  • La contribution au Fonds National d’Aide au Logement, ou FNAL, à hauteur de 0,10% pour les entreprises de moins de 50 salariés ou 0,50% pour les entreprises de plus de 50 salariés.
  • Assurances maladie, maternité, invalidité et décès, soit 7%
  • Contribution solidarité et autonomie, à hauteur de 0,30%
  • Assurance vieillesse , plafonnée à 8,55%, plus 1,90% non plafonnée
  • Part de la cotisation AT/MP, à hauteur de 0,78%
  • Retraite complémentaire, soit 4,72%
  • Contribution d’Equilibre Général, ou CEG, à hauteur de 1,29%

Au total, cette réduction générale de charges s’élève donc à 28,09% pour les entreprises de moins de 20 salariés ou 28,49% pour celles de plus de 20 salariés.

Il est important de mentionner que c’est la récente loi PACTE qui a relevé le seuil de 20 à 50 salariés pour bénéficier du taux contribution au FNAL réduit à 0,10%.

Après réduction des charges, il restera en règle générale 13% des charges patronales à payer par l’employeur, soit un 197€ environ pour un salarié payé au SMIC.

Les coûts supplémentaires pour l’employeur

Au-delà du salaire mensuel et des cotisations et contributions patronales, l’employeur doit également tenir compte d’éventuels compléments de salaire :

  • Les titres restaurant
  • Le remboursement d’éventuels frais de transports à hauteur de 50%
  • La mutuelle de l’entreprise
  • Les primes de vacances, 13ème mois, d’ancienneté, etc…

Il faut également tenir compte des coûts « indirects » , qui vont être liés à l’embauche du salarié. Ils vont le plus souvent comprendre :

  • Les frais d’adhésion à la médecine du travail
  • L’aménagement et l’équipement du salarié et/ou de son poste de travail
  • Les éventuels frais de campagne de recrutement, comme la diffusion de l’offre ou l’appel à un cabinet de recrutement

A noter que si le salarié est embauché en CDD, il faudra également prendre en compte les indemnités de congés payés et de précarité à la date de fin de contrat.

Alternatives et simplification

Pour faciliter la rémunération du salarié et éviter les erreurs d’application de taux, l’employeur, ou le cabinet d’expertise comptable en charge de l’entreprise peut faire appel à un service d’externalisation de paie. Rue de la Paye vous propose des prestations adaptées avec un suivi client et un gestionnaire de paie dédié. N’hésitez pas à consulter nos différentes offres !

L’actualité

Paie pratique
Rémunération apprenti : que prévoit la loi Avenir Professionnel ? 6 septembre 2019

La loi Avenir Professionnel du 5 septembre 2018 apporte différentes modifications aux contrats d’apprentissage. Une de ces modifications concerne la rémunération des apprentis en entreprise. Le décret n°2018-1347 du 28 décembre 2018 fait acte d’une revalorisation de la grille salariale des apprentis. Cette revalorisation concerne tous les contrats d’apprentissage signés à compter du 1er janvier […]

Paie pratique
Sous-traitance de la paie : comment ça marche ? 5 septembre 2019

Externaliser la gestion de la paie signifie confier à une société spécialisée le calcul et la création des bulletins de salaire, ainsi que la gestion des déclarations sociales. Avec la sous-traitance de la paie, certaines autres tâches liées à l’administration du personnel et toutes les obligations qui en découlent sont également éliminées : effectuer les Déclarations […]

Paie pratique
Emploi-retraite 2019 : mode d’emploi du système de cumul 29 août 2019

Avec la conjoncture économique actuelle, de plus en plus de personnes retraitées décident de reprendre le travail, afin d’apporter un complément à leur retraite. On parle alors d’un recours au cumul emploi-retraite. Ce système est bien évidemment soumis à différentes conditions et nécessite plusieurs démarches pour en bénéficier. Dans cet article, nous vous expliquons en […]

FacebookTwitterLinkedInEmail