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Age de départ à la retraite : que prévoit la réforme 2019 ?

9 août 2019 par Alina Popovici - Lecture 3 min.
Départ à la retraite

La grande réforme des retraites annoncée pendant la campagne présidentielle de Macron est en route. Elle devrait entrer en vigueur en 2025. Une uniformisation des règles de calcul des pensions est souhaitée, quel que soit le régime de retraite auquel on est affilié. Nous avons déjà passé en revue les grandes axes des changements à anticiper. Le point aujourd’hui sur la question de l’âge de départ à la retraite, un des aspects les plus débattus du futur projet de loi.

Reforme des retraites 2019

Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, a remis au premier Ministre le 18 juillet 2019 un rapport avec les grandes lignes du nouveau système « universel » par points. Ce document servira de base pour un projet de loi attendu en Conseil des ministres à l’automne, avant d’être soumis au vote des parlementaires en 2020. La transition vers le nouveau système débutera en 2025, avec une mise en application progressive, sur une quinzaine d’années.

Plusieurs points de cette réforme risquent de générer des tensions à la rentrée. Parmi eux, l’âge de départ à la retraite a généré le plus de controverses. Plus spécifiquement, le gouvernement veut apporter des modification à l’âge de départ en retraite. Ces modifications sont censées à compenser la disparition dans le régime unifié du mécanisme actuel de décote/surcote en fonction du nombre de trimestres cotisés, qui sert de référence pour le calcul de la retraite à taux plein.

Un nouvel « âge du taux plein » ou « âge d’équilibre »

Comme promis par le Président, l’âge minimum légal de départ en retraite restera comme aujourd’hui 62 ans. Il sera également possible de partir plus tôt à la retraite, notamment pour les personnes ayant connu des carrières longues (entamées avant 20 ans), pénibles (via le compte professionnel de prévention) ou qui ne sont plus aptes à travailler.

En revanche, un des points principaux de la réforme est représenté par l’introduction d’un « âge du taux plein », qui serait fixé à 64 ans. L’objectif de cette nouvelle norme collective est d’assurer l’équilibre financier du système des retraites et d’inciter les salariés à travailler plus longtemps. Un mécanisme de bonus-malus serait lié à cet « âge d’équilibre », pour augmenter ou diminuer les pensions de retraite en fonction des périodes cotisées. Ainsi, si les salariés partent à 63 ans, ils verront leur pension minorée de 5%; s’il partent à 62 ans, la pension sera encore moins importante, minorée de 10%. A l’inverse, il bénéficieront d’une majoration de 5% s’il partent à 65 ans, de 10% à 66 ans. Le premiers touchés par ces nouvelles conditions seraient ceux nés à partir de 1963.

Le rapport de M. Delevoye précise également que cet âge pivot du taux plein devrait pouvoir évoluer en fonction de l’évolution de l’espérance de vie. Selon les projections actuelles du Conseil d’orientation des retraites, pour respecter les contraintes financières du régime, nous  parlerons de 65 ans et 5 mois pour la génération de 1980 et de 66 ans et 3 mois pour celle de 1990.

Les controverses liées au nouvel âge de départ à la retraite

Des nombreux partenaires sociaux dénoncent ce décalage entre l’âge légal et l’âge du taux plein de départ à la retraite. Pour les syndicats, le nouvel âge d’équilibre ne prend pas en compte les situations individuelles, créant ainsi des injustices pour ceux qui se verraient leurs pensions de retraite pénalisées en cas de départ avant 64 ans. Ce qui est un choix très personnel, fait en fonction de la situation de chacun, mais aussi en fonction de l’état de santé après une certaine âge.

De son côté, M. Delevoye souligne que l’âge actuel du taux plein est automatiquement fixé à 67 ans pour les personnes aux carrières incomplètes, qui n’ont pas assez cotisé. C’est la situation d’environ 20% de femmes, par exemple, qui pourront à l’avenir partir plus tôt à la retraite grâce à cette réforme. De plus, hors départ anticipés pour carrières longues ou pénibles, « l’âge de départ moyen à la retraite est déjà de 63,4 ans », précise le haut commissaire.

La question de l’âge de départ à la retraite reste donc pour l’instant le point critique de la réforme, alimentant très probablement des débats à la rentrée. Des nouvelles négociations sont prévues entre le gouvernement et les partenaires sociaux les 5 et 6 septembre prochains.

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